Récit d’un déjeuner au Grand Café
A une envolée de l’Opéra Garnier, est situé le somptueux Grand Café Capucines, un restaurant reconnu pour la finesse de sa cuisine et de son décor. Il a élu domicile au cœur d’un quartier vivant offrant de nombreuses voies de distractions (théâtres, grands magasins, clubs branchés). Le Grand Café Capucines fait donc figure d’incontournable dans le 8ème arrondissement de Paris.Il accueille des hommes d’affaires à la recherche d’un endroit calme aussi bien que des touristes du monde entier ou des amateurs de sorties culturelles qui apprécient particulièrement de pouvoir se régaler peu importe l’heure du jour et de la nuit.
Mardi 24 juin aux alentours de midi, un soleil doux se fait sentir. Bien que tentés de nous installer en terrasse, à l’ombre des arbres du boulevard des Capucines, mon collègue et moi-même optons pour la salle du premier et ses confortables fauteuils de velours rouge. Au-delà du splendide cadre Art Nouveau, que se passe-t-il dans les assiettes ? C’est ce que nous ne tarderons pas à savoir… Passé l’accueil particulièrement soigné dès l’entrée, curieuse comme je suis, je m’empresse de faire un rapide tour en salle afin d’observer le travail méticuleux des peintures murales. A l’instant, une seule pensée m’effleure : si la cuisine est à la hauteur du décor signé Jacques Garcia, nous risquons fort de nous régaler.
En entrée, je choisis une soupe à l’oignon gratinée. Ce plat n’est pas le plus recommandé en cette saison, mais cela ne frêne en rien mon envie. L’exercice de découpe de la croûte de fromage qui trône sur le bol s’avère risquée. Elle est épaisse et ce qui se trouve en-dessous : bien liquide. Malgré toutes mes précautions, mon chemisier ne sera pas épargné ! Peu importe, car elle méritait vraiment le détour. Justement assaisonnée, sa texture est digne d’une vraie soupe à l’oignon, ni trop dense, ni trop liquide. Pourquoi faire l’éloge de ce plat parfois boudé ? Et bien justement, pour qu’il ne soit pas oublié. En face, mon collègue a à peine daigné ouvrir la bouche si ce n’est pour émettre quelques syllabes -universellement compréhensibles- du style « mmmmh ». Cela se comprend…un foie gras maison servi avec ses friandises et son pain aux fruits se savoure le cœur ouvert et se passe de commentaires. Nul besoin d’interrompre un gourmand lorsqu’il se régale !
En plat principal, c’est l’aile de raie qui captivera mes papilles. Bien que ce poisson ne soit pas réputé pour la finesse de sa chair, les amateurs, moi en l’occurrence, savent lui reconnaître bien d’autres attraits. Le fait qu’il ne contienne pas d’arêtes en fait un avantage non négligeable. Divinement accompagné de pommes de terre et de câpres, pas de celles que l’on trouve dans les conserves de supermarchés, mais les fleurs, bien plus délicates et savoureuses…il m’enchante. Du côté de mon ami, cela se passe plutôt bien. En témoigne son assiette…bientôt vide. Les rognons de veau flambé au Porto, une recette qui rebute parfois la nouvelle génération, ont été honorés. Tant mieux !
L’apogée du repas se fait dans un manque total de privation. Les assiettes précédentes étaient généreuses, elles suffisaient à mettre un point final au déjeuner. Personnellement, je suis partisane du tout ou rien, alors ça sera tout ! Je choisis une coupe « Capucines » composée de sorbets abricot, pêche de vigne, melon et de fruits frais. Un dessert de saison cette fois ! Le plaisir est entier, aucune faute de sucre, juste du concentré de fruits. Mon ami sourit lorsqu’arrive son carré feuilleté richement garni de fraises et encore plus lorsque vient la première bouchée. Je goûte et j’approuve. Le feuilleté est d’une délicatesse infinie, quant aux fraises bretonnes…elles sont aussi succulentes qu’à leur habitude. En guise de fin de course, un café ou plutôt un double. Et oui, même le restaurant ne fait pas dans la demi-mesure et s’octroie le droit de contenter le client plutôt deux fois qu’une en proposant les cafés du « Grand Café ».






